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- Cécile DUFLOT Chez RUQUIER LE 5 septembre 2009 avec Zemmour / Naulleau
 

Résultats des Elections des bureaux de Coulommiers : Municipales ; Cantonales ; Régionales ; Législatives ; Européennes ; Présidentielles > Elections régionales des 14 et 21 mars 2010. >


Cécile DUFLOT, tête de liste aux Régionales 2010 en Ile de France. A 34 ans, la nouvelle star écologiste ravale ses doutes pour partir à l’assaut de la vieille gauche et de l’Ile-de-France socialiste.

C’est plus dur pour les femmes, et ce cliché devient palpable, quand Cécile Duflot ravale des larmes malgré la gloire, parce que ça fait des jours qu’elle n’a plus vu sa fille, et ça en vaut la peine ? La secrétaire nationale des Verts s’oublie en revenant de La Rochelle, le week-end dernier ; elle vient de donner la leçon aux socialistes chez eux, elle va mener les écolos aux régionales d’Ile-de-France, demain lui appartient. Mais Térébentine a 18 mois et ça ne ressemble à rien de ne pas être avec elle, et de savoir déjà que ça va continuer. Une campagne, voler le temps, se voler soi-même ; l’écologie adviendra, il faut sauver le monde mais en attendant, c’est sa seule vie à Cécile et aux enfants…

Il faut donc suivre cette femme qui doute. Pas pour la détresse d’un moment, ça arrive à tout le monde et on continue. Mais parce qu’elle la montre sans jouer, quand elle devrait tout masquer. Duflot, 34 ans - ce n’est rien 34 ans, une gosse encore chez les requins de la politique - est forte d’oser se livrer. Un ami plus cynique lui dit que sa naïveté même la protège, tant elle serait aveugle à la méchanceté des êtres ou du monde. L’ami est un niais, ou un mec. Elle sait que le mal existe, mais refuse d’en tenir compte. Elle a eu son quota de douleurs, et s’en est resservie. Etudiante, elle donnait des cours en prison, rédigeait les lettres des taulards. La seule question est de rester inentamée, et de se nourrir de tout.

La première, depuis longtemps, à ne pas dénigrer les siens Elle est une ambitieuse qui va finir par le reconnaître, une femme, une amoureuse, une mère. Son grand fils s’appelle Emile, parce que c’était le nom de son grand-père, qui est parti. Ensuite des filles aux noms de plantes, Bleuette, Anémone et Térébentine. Des prénoms de babas cool, ou d’héroïnes de Rohmer. C’est plutôt ça ; du Rohmer, où des filles fraîches comme Duflot parlent et parlent encore et rien n’est vain dans ce fin bavardage. On s’est moqué d’elle, pas tant qu’elle le croit. Mais quand même. Son côté brut de décoffrage, son absence de look, « une petite brune banale de banlieue, j’ai assumé il y a longtemps ». Dans le petit monde écolo, on la sortait plus pour parler aux communistes que pour dialoguer avec les chics socialistes ou la droite. Tout change. Aubry veut en faire sa nouvelle copine, Delanoë va dialoguer, les télés frémissent. Sarkozy l’a reçue comme une vedette, jeudi dernier. Dans le temps, elle existait à peine, inaudible cheftaine des Verts : un parti nain, une pétaudière méprisée, dirigée par une invisible… Ça s’oublie ? Sans doute non. Il faudra passer sur la revanche pour faire le métier.

Elle a été si timide gamine, ensuite longtemps le jouet des autres, et en même temps dure et intransigeante. Etudiante, elle voulait ne rien devoir aux siens, ne mangeait jamais de viande, trop chère. Son mari, rencontré dans une association d’aide aux taulards, était objecteur de conscience. Sans la prévenir, il est devenu directeur de prison : elle, soudain la femme du chef maton, dans l’appartement de fonction de la maison d’arrêt. Elle est désormais avec Xavier, qui est photographe et qui vient d’être « outé » sans en avoir envie. Une vie, un peu compliquée, la paix qu’on espère… D’où elle a grandi, il ne reste pratiquement rien. La maternelle, l’école, le lycée ont été rasés : des préfabriqués pour banlieue provisoire, à Montereau, Seine-et-Marne, qui n’ont pas résisté. Elle vient de l’autre côté du monde. « Ça ne se voit pas, dit-elle, parce que je suis blanche, mais je suis une fille de cités, et la condescendance bourgeoise me glace encore. »

« Si je gagne les régionales »…

Ce qui a changé la donne ? La culture familiale, mère prof, père cheminot, à gauche toute dans les fleurs des années 1980, et sa « facilité déconcertante » pour les études. Un diplôme de géographie, puis l’Essec, la mère des écoles de commerce. Elle était déjà maman, sans un sou. Pour tenir, elle a trouvé un travail dans le logement social, à Créteil. « J’aime voir des logements sortir de terre. » Elle y est toujours, à voir comment cela tiendra si la politique prend tout. Elle est sans doute la plus mal payée au monde des diplômés de l’Essec. Elle vit à Villeneuve-Saint-Georges, prend le RER, le métro. Le Vélib’ lui échappe, tant elle a peur de la circulation. Mince d’écolo, mince de conquérante, qui ne devrait pas raconter ça ! Dans le métro, elle achète des fringues bon marché. Elle n’est jamais allée à New York. Prend rarement l’avion, par principe écolo, par atavisme SNCF, pour l’argent. Elle s’essaie aux codes et au fatras de la grande politique, ce qu’elle devient. Il lui reste un complexe ; elle vous dira que c’est faux, mais…

Reçue par Sarkozy, elle avait des pensées sans sens ; que toute sa garde-robe valait moins qu’une seule robe de Carla… Dans un sac en plastique, avant l’Eysée, elle a mis son tailleur, s’est demandé si elle devait se changer, ou rester en chemisier blanc et pantalon Monoprix. Son bras droit, Stéphane Sitbon, 22 ans, étudiant à Sciences-Po, surnommé « Yop », avait aux pieds des tennis trouées. Ça n’empêche rien, et surtout pas d’y aller droit dans les yeux et de sortir contente de l’Elysée puisque rien n’était encore joué sur la taxe carbone. Chez les Verts, on redoutait cette audition, on ne voulait pas être les jouets du Président, qui va évidemment se servir de Cécile contre le PS. Elle sait. Mais elle est tellement de son camp, « pour l’union des gauches sur un programme environnemental », qu’elle est au-delà de l’ambiguïté.

Elle a toujours été écolo. Rentrée presque au hasard au parti, propulsée par l’aile gauche, perçue comme arriviste quand elle tremblait. Elle aimait les Verts et leur culture de la palabre. Elle est bien la première dirigeante, depuis longtemps, à ne pas dénigrer les siens. Elle a pris le parti quand celui-ci s’effondrait ; elle l’a décidé à parier sur l’ouverture et Dany Cohn-Bendit. On sait la suite. On suppute son avenir. Chez les socialistes, à La Rochelle, elle a balancé tout ce qu’elle ressentait, depuis longtemps, et que les écolos aussi étaient faits pour le pouvoir. « Si je gagne les régionales, on saura gérer l’Ile-de-France, on saura exactement où il faut aller. » Elle dit cela sans trembler, dans la tension d’un moment. L’incertitude même qui l’habite peut la rendre intouchable.

Claude Askolovitch - Le Journal du Dimanche

Samedi 05 Septembre 2009



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