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EELV doit réaffirmer ses principes fondateurs d’Alexandre Jurado, cofondateur de la sensibilité Avenir Écolo à Europe Écologie-Les Verts,

Pour Alexandre Jurado, cofondateur de la sensibilité Avenir Écolo à Europe Écologie-Les Verts, le parti s’est éloigné de sa « mission fondamentale » : réinventer l’avenir. A quelques mois du prochain congrès d’EELV, prévu en novembre, il propose neuf éléments pour un véritable « débat d’orientation ».

Le prochain congrès d’Europe Ecologie-les Verts, fin 2013, doit être un congrès de réaffirmation forte de nos principes fondateurs, réaffirmation à laquelle nulle politique conjoncturelle ne saurait déroger.

Les crises répétées et irréductibles que nous connaissons marquent la fin du dogme de la « croissance » comme solution universelle pour l’humanité. L’appel incantatoire à une « croissance infinie » n’a aucun sens dans un monde aux ressources en déclin. Cette croissance, plus que jamais, nous devons la dénoncer, la refuser, mais aussi définir et refonder l’alternative. C’est d’ailleurs notre raison d’être et notre utilité en tant qu’écologistes. Mais depuis quelques années, notre parti semble s’éloigner de cette mission fondamentale qui a toujours été la nôtre. A tel point que certains-es d’entre nous se disent déboussolés... Dans les mois, les années à venir, face à la destruction de la nature et au tarissement irrémédiable de nos ressources, face aux effondrements économiques qui vont s’ensuivre, l’humanité va devoir affronter des défis inédits. Et les vieilles boussoles de droite comme de gauche, à l’usage des politiques en place, seront impuissantes à relever ces défis : elles font partie du problème.

A quelques mois de notre congrès, nous voulons renouer avec le débat d’orientation. Faut-il se limiter à une « gestion bien pensée » du parti ? Sans doute nécessaire, mais contreproductive si elle se fait au détriment de ce qui fonde notre combat : réinventer l’avenir. Notre culture politique nous incite à aller aux affaires, dans les exécutifs, et nous avons raison. Mais doit-on y aller uniquement par principe et naviguer à vue, au risque de brouiller durablement notre image auprès des citoyens ? Peut-on se satisfaire d’une écologie des illusions juchée sur un strapontin dans l’alternance façon Ve République ? Nous disons non ! Et notre prochain congrès doit être un congrès de réaffirmation forte de nos principes fondateurs, réaffirmation à laquelle nulle politique conjoncturelle ne saurait déroger. Il y va de notre avenir... écolo.

La préservation de la nature

L’écologie politique est entrée dans la conscience collective par la protection de la nature. Minimiser à dessein cet axe modal de la pensée écologiste obère notre capacité à inventer une autre façon de vivre ensemble. Ce reniement -que certains font mine de découvrir à la veille des congrès- est une des bases de notre discrédit et exige qu’on remette les pendules à l’heure. L’écologie politique a démontré par ses alertes aujourd’hui reconnues qu’il n’est pas possible de considérer la nature comme « autre », comme fondamentalement « extérieure » à l’humanité.

C’est précisément cette « extériorité » qui a rempli la fonction paradigmatique sur l’ordre social qui justifie tous les abus que nous dénonçons : épuisement des énergies fossiles, dérèglement du climat, destruction de la biodiversité, recul des terres arables, agonie des sols, raréfaction de l’eau douce, dépeuplement des océans, crise des agricultures... Et c’est clairement sur la base du refus de cette forme d’anthropocentrisme que s’est construite la vision écologiste de la question économique et sociale.

En mettant sur la place publique le débat sur notre rapport à la nature, nous avons posé la première pierre d’une inversion paradigmatique dont certains écologistes semblent ignorer l’ampleur, tant ils considèrent le souci de la nature comme une maladie infantile de l’écologie. Or, notre crédit est strictement fonction de notre capacité ou non à internaliser, dans le domaine économique et social, tout ce qui a été externalisé au nom d’une prétendue dualité entre humanité et nature. C’est en ce sens que nous portons en germe une nouvelle donne sur l’échiquier politique.

« Celui qui croit qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible est soit un fou, soit un économiste » (Kenneth Boulding, économiste philosophe américain)

Bien sûr que nous devons créer des emplois ! Pour répondre, entre autres, à celles et ceux pour qui la fin du mois est plus angoissante que la fin du monde. Et nos propositions en ce sens sont pertinentes. Mais si notre projet se résume à une « croissance » ou une « relance » vertes, sans plus, si au nom de l’emploi nous refusons toute mise en débat de l’utilité sociale de chaque production, alors nous opérons un glissement sémantique lourd de sens. Et inquiétant, parce qu’on se cantonne à un réformisme social-démocrate qui obère la radicalité inhérente à notre projet de société. La « relance verte » ne peut être qu’une sorte de méthadone dans une situation d’addiction structurelle du corps social au mythe de la croissance. Une étape nécessaire, pour favoriser un climat social apaisé, propice à la mise en œuvre de véritables réformes pour une transition vers une société écologique, fondée sur le bien-être en dehors du dogme de la croissance imposé par la « pensée unique ». Ne nous laissons pas piéger ! Qu’elle soit jaune, rouge ou verte, la croissance reste la croissance avec ses limites, ses effets pervers et les inégalités sociales qu’elle porte en germe. Si nous persistons à vouloir présenter notre soi-disant « relance verte » comme l’alpha et l’oméga de l’avenir de nos sociétés sans autre perspective, elle ne sera qu’une bulle verte qui explosera comme les autres, après avoir offert au social-libéralisme un dernier chant du cygne.

La remise en cause de la centralité du salariat

La société industrielle a installé le salariat dans une fonction centrale, donnant à chacun une place, une utilité, un rôle. Tout un ordre moral et social s’est organisé sur cette base qui s’effondre aujourd’hui, objectivement, incontestablement. Le salariat n’est plus qu’un temps « contraint » sans lien avec le sentiment d’être « utile à quelque chose ». Il nous faut rompre avec cette casse sociale qui met les travailleurs du monde en concurrence fratricide et qui met hors jeu une part majoritaire de la population : jeunes, seniors, chômeurs, Rmistes, précaires... Il va falloir faire preuve d’imagination au plus vite, car des voix de plus en plus nombreuses, en-dehors de l’écologie politique, y compris dans les pays émergents, s’élèvent pour dire que la croissance ne reviendra pas. Pour ouvrir une brèche dans la centralité du salariat, il faut reprendre le chantier du revenu d’existence.

La prise en compte du temps long

Nous devons promouvoir une civilisation du temps libéré, où chaque « période » de la vie -formation, jeunesse, salariat, chômage, bénévolat, éducation des enfants, retraite, élus de la nation...- doit avoir une utilité sociale reconnue et valorisée. Nous traversons au cours d’une vie ces « temps sociaux ». Laisser la notion « d’activité humaine » se dissoudre dans le seul salariat, c’est un non sens ! Le salariat est l’un des attributs de nos sociétés capitalistes et productivistes, alors que l’activité humaine est immanente au corps social. C’est elle qui en constitue la substance et l’oxygène, et non le salariat. Ne perdons pas non plus de vue que l’avenir est à la disparition progressive des énergies fossiles qui servent actuellement de prothèse au travail humain et le déprécie dramatiquement comme le montre le niveau de chômage dans le monde. Quand les 150 machines-esclaves au service de chaque Français seront « mortes », la force de travail humain redeviendra une valeur précieuse, condition indispensable à toute activité.

L’entreprise n’est pas une ennemie à combattre, mais une alliée à dépasser

Il est urgent de promouvoir une approche moins simpliste pour qualifier les « forces vives » de la nation qui seraient, à en croire les politiques en place, l’apanage du patronat et des corps intermédiaires qui ont droit aux vœux du Président, chaque année, à l’Elysée. Alors les enfants, les jeunes, les chômeurs, les femmes ou hommes au foyer, les travailleurs... constitueraient les forces molles de la nation ? La liberté d’entreprendre ne se résume pas à l’entreprenariat, et la création d’entreprises n’est pas seulement affaire de « production », mais également de valorisation humaine.

Une entrée en actes dans une République écologiste

Qu’en est-il de cette VIe République squattée tour à tour par Montebourg ou Mélenchon ? Peut-on faire confiance aux héritiers de l’auteur du Coup d’état permanent, qui a réussi à battre le record de longévité à l’Elysée sous la Ve ? Quel sens y a-t-il à segmenter les ministères par compétences, affublés d’œillères et sensibles au lobbysme ? Pour définir une orientation gouvernementale écolo-compatible, il faut une autorité ayant un pouvoir de contrôle transversal sur tous les décideurs. D’où l’idée d’un ministère de l’écologie, qui note ou contrôle les actions des autres ministères. Et quand on brandit ostensiblement l’étendard du changement de paradigme, on se bat pour des réformes à portée structurelle majeure à long terme. On se bat pour l’interdiction -enfin- de tous les cumuls en nombre et en durée. On se bat pour une véritable réforme territoriale avec un scrutin à la proportionnelle, et non pas pour un aménagement de la réforme en cours qui n’est faite que pour asseoir la durabilité d’un bipartisme obsolète. On se bat pour un authentique statut de l’élu/e, souvent évoqué, jamais concrétisé. Il s’agit de créer un « temps social » à part entière avec un statut qui confère à l’élu/e des droits : une protection sociale complète, une rémunération juste et suffisante, une formation à sa nouvelle fonction ; mais aussi des devoirs, et celui, entre autres, de consacrer à sa tâche le temps prévu par la loi.

Peut-on faire confiance aux élu(e)s, y compris écologistes, qui parlent de ces réformes depuis des décennies et qui les oublient dès qu’ils/elles deviennent députés ou sénateurs ?

L’autonomie, le contrat, la réforme et la radicalité

Naviguer à vue face au PS productiviste nous accule dans une impasse. Très peu audibles, pas assez crédibles, pas assez cohérents, peu radicaux, hésitants entre la conquête électorale et la fidélité à nos idées. Nos accords programmatiques ne doivent pas entrer en contradiction avec notre refus de la « croissance » et notre vision du monde qui en découle. Le congrès devra redéfinir, ou définir, le contenu et les modalités de notre démarche dite « d’autonomie contractuelle », et revoir l’alchimie qui allie réforme et radicalité. Pour l’heure, ce ne sont que des mots vides de sens. Nous n’avons rien créé qui serve de guide à nos élus, rien qui ne permette à la « base » de les contraindre. Il va falloir apprendre à hiérarchiser les priorités que nous inscrivons dans un contrat et à claquer la porte en cas d’engagements non tenus, ou en cas d’une politique nous associant alors qu’elle bafoue les plus élémentaires de nos principes.

Notre action ne se réduit pas à la seule sphère politique

C’est toute la vie publique qu’il nous faut renouveler, et pas seulement la politique. Renforcer nos liens avec les réseaux associatifs et syndicaux. Diffuser et promouvoir nos pratiques de terrain, nos expériences, nos solutions. C’est fondamental et ça s’organise. Une fondation peut jouer ce rôle, nous en avons une. Pourtant, nos dirigeants en font très peu la promotion, passent sous silence son fonctionnement, sa composition. Savons-nous quels sont ses objectifs, ses liens avec les adhérents du parti ? Là aussi, le congrès devra clarifier.

Un parti qui bafoue ses propres règles est en voie de liquéfaction

Les dérives de ces dernières années sont inquiétantes : proportionnelle interne bafouée, mainmise d’un clan sur les postes, laxisme en matière de cumul... Dans ce domaine aussi, un congrès peut clarifier la situation :

•Faut-il stopper ou valider la dérive centralisatrice qui est à l’œuvre ?

•Le conseil statutaire doit-il continuer de subir des affronts inacceptables lorsque ses décisions ne conviennent pas ?

•Faut-il revoir le fonctionnement du conseil d’orientation politique ?

•Faut-il valoriser le travail des commissions en acte, ou seulement dans un règlement intérieur ?

Alexandre Jurado, cofondateur et animateur de la sensibilité Avenir Écolo à Europe Écologie Les Verts

en copie d’ici

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/310513/eelv-doit-reaffirmer-ses-principes-fondateurs